Le Tor des Géants 2025
C'est du 14 au 20 septembre 2025 que notre géant local, Laurent, a affronté les Alpes italiennes et fait une jolie bouclette dans le val d'Aoste

L'objectif de l'année est de courir le Tor des Géants : environ 340 km et 25000 m D+ sur une boucle qui fait le tour de la vallée d'Aoste, avec le départ et l'arrivée à Courmayeur.
Il s'agit pour moi de cocher un événement de plus dans le palmarès, avec une renommée internationale. C'est aussi pour m'assurer que le bon déroulement de ma Swisspeaks 360 l'an dernier n'était pas qu'un coup de chance... pour éventuellement voir encore plus loin une prochaine fois....
Ces courses sur plusieurs jours me plaisent vraiment. On ne recherche pas la vitesse en course, mais plutôt la maîtrise de l'effort pour qu'il soit efficace longtemps. On ne court pas comme un bourin, mais on fait attention à tous les signaux pour s'assurer que la machine va tenir jusqu'au bout. Ça reste une course car il y a le Chrono et un classement, mais la gestion est primordiale dans tous les domaines, comme une forme de stratégie à mettre en place. Savoir quand s'arrêter et combien de temps notamment pour dormir. Quoi et quand manger, s'hydrater. Accélérer ou pas dans les temps forts. Résister à la tentation de s'arrêter dans les temps faibles. Anticiper tous les bobos qui peuvent vite se transformer en galère. On est embarqué dans une vraie aventure, pour laquelle la simple motivation n'est pas suffisante... Il faut faire preuve de conviction, croire en soi et en ses capacités à se dépasser.
Ce Tor se déroule mieux que prévu pour moi... une impression de maîtrise de la plupart des paramètres me donne confiance pour la suite assez rapidement. A noter que la météo m'est plutôt favorable, avec quasi aucune pluie durant toute la course... Evidemment, et je m'y attendais, les premières 24/36 h sont toujours plus compliquées avec le corps qui doit s'habituer à ces nouvelles contraintes.

Des petites douleurs musculaires ou articulaires apparaissent, mais vont s'éteindre comme par magie au fil des jours.
Le plus dur pour moi, et ça je ne m'y adapte pas, c'est l'effet de l'altitude sur mon déploiement d'énergie ! J'ai l'impression de n'avoir plus qu'un poumon, avec les narines complètement bouchées dès que je franchis le seuil des 2500m d'altitude... et les 2 premiers jours, nous franchissons pas moins de 4 cols à 2800m, 1 col à 3000m et 1 à 3300m ! J'aurais beau m'entraîner pendant des heures à la Baffardiere, cet handicap vis à vis des montagnards restera flagrant !
Au fil du temps, là où je progresse le plus, c'est dans la gestion de la nuit. Tout d'abord, j'adore cette déambulation au travers de la nuit de refuge en refuge (il faut reconnaître que sur le Tor, la fréquence des ravitos est forte, tous les 10 km max). Souvent, on aperçoit au loin l'intensité particulière des lumières, comme le phare d'un port. On vient s'y réfugier, trouver du réconfort auprès de bénévoles qui se coupent en 4 pour nous... Au besoin, on va y trouver une couchette. L'ambiance y est feutrée, avec des sons de voix étouffés en corrélation avec le silence de la nuit dans la montagne. La stratégie du sommeil est primordiale : suffisamment mais pas trop pour perdre du temps... Moi, j'adopte le 2 fois une heure par nuit qui semble m'aller correctement. Une petite micro sieste de 10 mn sur le coin d'une table si besoin d'un appoint. On évite le coucher au bord du chemin qui me semble peu réparateur (j'ai évolué là-dessus depuis mes débuts).

Les paysages traversés sont grandioses, notamment en haute altitude (faut bien une contrepartie à l'effort quand même...). Quand on a la chance d'être au bon endroit, notamment au passage d'un col lors du lever du soleil, c'est un booster d'énergie pour toute la journée... Je sens encore les rayons du soleil caresser ma joue au moment de son apparition au col de Fenêtre Du Tsan, le jeudi matin.
Le soutien moral et l'accompagnent physique durant la course, c'est comme le 12eme homme sur le terrain de foot : ça fait basculer dans le bon sens le cours de l'histoire ! Et moi je suis très gâté sur ce plan : Karine, ma tendre épouse est là quand il faut sur les bases de vie et ravitos les plus accessibles. Un geste, une parole, une présence suffisent à rassurer... Et puis, il y a le groupe WhatsApp hyperactif ! Que des commentaires plus boostant les uns que les autres... Sincèrement, je sentais une vraie présence avec moi dans les montagnes.
Mon premier objectif est de finir. J'ai rapidement senti que ça devrait le faire. Au fil de mon avancée, je m'aperçois que mon temps objectif par étape est respecté tout en restant dans la gestion... de bon augure, ce qui me permet d'accélérer sur la dernière section de 50 km, notamment dans les descentes (la dernière après le refuge Bertonne quasiment à fond...) Finalement, je termine avec 5h d'avance sur mon prévisionnel, en 124h 49mn. Classé dans le top 300 sur 1150 partants.
Mieux que prévu, je vous disais.
Merci à toutes et tous.


