La HOT du Père Noël,
quelle drôle d’idée !
La nuit la plus longue de l’année, alors que c’est la nouvelle lune, qu’est-ce que l’on a de mieux à faire que d’aller trottiner du côté des Herbiers et parcourir 133km… pas grand-chose, alors c’est parti pour le dernier dossard de 2025 :-)
Premier ultra pour moi, j’ai déjà couru le tour des Lac sur le GRP 2024, enchainé les kilomètres sur le défi du Cerf au trail de la Barousse au printemps mais plus de 100, c’est l’inconnu !
Le samedi c’est écoulé lentement, entre préparation des sacs et sieste, arrivé sur site vers 17h pour un briefing à 18h15 et un départ 19h00. Vu la météo, tout le monde à fait comme moi, ça bouchonne au retrait des dossards et GPS, le timing est tendu pour déposer le sac de change qui sera disponible à mi-course et manger un morceau, ça commence moyennement.
Pas de grosses infos à retenir du briefing, tout était déjà clairement énoncé dans le road book reçu en avance, seulement le nombre de participant•es, 268 dossards en solo, 98 équipes de 2 et 98 équipes de 3, ça fera un beau peloton de 750 personnes sur le prologue.
Comme à mon habitude, je suis tout en fond de sas pour la procédure de départ, on passe au milieu des flambeaux, dans les rues des Herbiers puis retour vers la ligne et la traversée du marché de Noël. Courir au milieu des effluves de vin chaud, alors qu’il fait 8°C et qu’il pleuviote, c’est un concept à tester !


On quitte la ville par le Parc du Landreau et on attaque les premières pentes, il fait bon, même chaud, c’est gras mais ça passe. Le premier ravito au 18e kilomètre, au stade des Farfadets de Saint Paul en Pareds, se présente au bout de 2 heure, et chez ABV, les ravitos c’est costaud, du sucré, du salé, du chaud, du froid, ce sera le cas sur l’ensemble du parcours, avec des bénévoles aux petits oignons, un grand MERCI.
Repartir dans le noir, c’est chouette, même si le ravito à fait du bien, je ne suis pas au top gastriquement… pas facile de gérer l’alimentation avec un départ si tardif, ce qui est chouette c’est que les buissons ne manquent pas :-)
Le terrain commence à devenir très gras, la boue, je m’y attendais, mais là c’est holiday on ice sans la grace d’un Philippe Candeloro à son prime, on rencontre toutes les nuances de boue, de la liquide à la plus collante, mais dans tous les cas ça glisse, un peu, beaucoup, énormément, à la folie.
Les kilomètres défilent, les batons négligés sur la première partie restent accrochés aux mains, en montée comme descente ils me sont nécessaire.
Deuxième ravito, 41 km, ça fait un peu moins de 5 heures, le rythme me convient. On quitte le complexe sportif de Saint Michel Mont Mercure, sans avoir repris les batons, en direction du Puy Lambert et dans la descente, une belle chute dans un escalier, c’est douloureux mais je repars. On traverse la Flocelière, les Chatelliers Chateaumur, ou nous attend un tout petit ravito, retour à Saint Michel pour un passage au pied de l’église… Elle est longue cette portion, le brouillard est dense, les fanions difficiles à voir, la frontale commence à faiblir, même si elle n’est qu’en veilleuse je me dis que le ravito de mi-parcours n’est pas loin et ça peut attendre pour changer de batterie, ce fût une erreur, j’ai dû faire 5/6 kilomètres sans voir grand-chose, pas malin :-/
Mi-parcours, Saint-Mars-La-Réorthe, il est 5 heure du matin, ça fait déjà 10 heures que je suis parti, un peu lent mais pas déconnant, je prends le temps, je sais que de gros morceaux nous attendent et c’est le cas. Problème, je marche plus que je ne cours, la pause a permis à la douleur aux cotes de s’installer, je peux encore trottiner dans les faux-plats descendants mais c’est tout, la traversée du bois des Jarries de nuit reste très chouette. J’arrive difficilement, mais surement au ravito des Épesses au kilomètre 88. Ça fait près de 14h que je suis parti, le soleil est levé, ça fait du bien au moral mais je sens que finir dans les temps va être dur si je n’arrive pas à accelerer. Et c’est le cas, les chemins sont larges, de belles portions bitumées, qui seraient un régal de récup’ à ce stade de course avec un minimum de mécanique fonctionnel mais ce n’est pas le cas, en plus des côtes droite le mollet gauche souffre, je compense probablement. Je suis en marche nordique et même comme ça c’est lent. Mallièvre dans la brume, les structures du Puy du Fou, au moins j’ai le temps d’admirer le paysage et d’arriver au golf des Alouettes avec sa barrière horaire et son circuit de délestage. À partir de 14h00, c’est obligatoire pour tous et toutes, je repars au alentours de 13h50, il me reste 6 heures pour parcourir 25 km, en principe c’est tranquille. En principe seulement car la Maha, les locaux l’ont exploité bien comme il fallait, descendre, monter, descendre, remonter… et que dire des coteaux à suivre, la moindre bosse a été mise à profit, ça vircouette, ca relance, un vrai bonheur, quand on ne subit pas, et là c’est dur, j’ai aperçu les serre-files quelques centaines de mètre derrière, près de trois heures pour faire 10 km et je suis incapable d’accélerer, pourtant je m’y astreind.
Le dernier ravito se profile enfin, toujours le même accueil des bénévoles, nombreux et nombreuses à nos petits soins, je traîne peu et je repars, on n’est plus que 4, il pleut, ça va être tendu, j’en suis à regretter de ne pas avoir pris le délestage, mais non, je tire, pousse sur les jambes, encore des coteaux, il y a déjà un long moment que la frontale est rallumée.
Enfin les faubourgs des Herbiers, un traileur heureux de retrouver le bitume ce n’est pas bon signe, de nouveau le parc du Landreau, je suis dernier, les serres-files me rassurent et discutent. On traverse le stade des Demoiselles, la tour des Arts, un bout de centre et c’est l’arrivée.
Il est 19h44 et 4 seconde, j’ai mis une heure cinquante à faire les derniers 10 km, je suis 143e, une vingtaine de personne ont pris le délestage et une centaine d’abandon en individuel. Toute course confondues, ce sont 470 personnes au départ pour 306 à l’arrivée, le taux de casse est à l’image de l’engagement physique demandée et des conditions rencontrées.
La HOT est une belle course, mais ce n’est pas un trail de montagne, c’est intense, c’est dur physiquement, il y a de la relance, mais rien à voir avec les montées et descentes pyrénéennes déjà pratiquées, les changements de rythmes sont incessants, rajouté à la nuit et aux condition climatique, cela donne un profil détonnant, une course pour tester ses limites.


